
La littérature doit-elle être extrême, voire pornographique ?
Strasbourg 67070
Le 31/01/2026
Cette question traverse l’œuvre de Constance Debré, figure d’une radicalité littéraire rare, portée par une exigence absolue. Ancienne avocate pénaliste, elle partage avec l’écrivain le même outil : le langage. « Écrire comme un témoin qui dépose », affirme-t-elle dans Protocoles. Une écriture frontale, dépouillée, qui refuse les détours. Après avoir quitté le barreau, Constance Debré s’impose avec "Play Boy", récit d’une rupture totale : divorce, affirmation lesbienne, renoncement aux normes sociales. Suivent "Love Me Tender", "Nom" et "Offenses", où elle poursuit une exploration implacable des liens familiaux, du désir, de la filiation et de la liberté. Sa langue sèche, incisive, sans concession, devient sa signature. Avec « Protocoles », son dernier livre, elle frappe à nouveau. Ce texte coup de poing interroge l’angle mort de la violence d’État : la mise à mort légale, invisible mais bien réelle. Constance Debré questionne notre rapport à la loi, à l’ordre et au mal. Une œuvre radicale, nécessaire, à lire et à découvrir lors de cette rencontre.